Edito/Gabon-Championnat national: Repenser,  demarrer et finir à temps !

En parcourant les réseaux sociaux la rédaction du sportif est tombée sur une réflexion de notre confrère Pablo Moussodji Ngoma au sujet de l’arrêt du Championnat national et les perspectives. Au regard de l’intérêt du sujet et la pertinence de l’article, nous le publions inextenso.

Le championnat gabonais dont le financement dépend en grande partie de la subvention de l’État, ne s’est toujours pas arrimé au calendrier international.
Les deux dernières saisons se sont révélées assez chaotiques.Entre un début en janvier ou février et les formules bricolées pour faire beau, avec une trêve forcée de 6 mois, nous ne sommes pas encore sortis de l’auberge. 2 dernières saisons qui ont même vu la création d’une fantaisiste Coupe de la Ligue aussi éphémère que ses initiateurs, au détriment de la Coupe du Gabon avec la complicité coupable des acteurs, la tutelle était à la manœuvre, l’essentiel étant d’empocher la petite enveloppe et jouer quelques matchs, le compte était bon. Qui peut contester si l’objectif était de tromper l’État?

L’arrêt de la compétition par la Fegafoot après moults tergiversations liées à l’avancée de la Covid-19, cache en réalité une rupture avec ce saupoudrage.Sachant qu’en terme de budget, la Coupe du Gabon aussi victime de la crise sanitaire allait reprendre ses droits cette saison selon la volonté du Ministre des sports actuel.

Franck Nguema qui a donné toutes les garanties de la tenue de ces compétitions, doit procéder aux arbitrages nécessaires pour permettre, en plus d’alléger la dette des clubs, une bonne maîtrise du calendrier par la Linafp.Tout cela doit être préparé minutieusement par toutes les parties prenantes. Car, si L’État paie toujours ses dettes, le rythme ne convient pas forcément pour maintenir la performance sportive.

Les clubs de leur côté doivent répondre au cahier des charges de la fegafoot qui recommande un minimum pour se revendiquer comme tel ( terrain, petites catégories, les dames, les finances…).Le contexte actuel ne doit pas non plus l’exigence d’un eventuel bonus aux africains ( Bouenguidi et Mangasport) qui doivent entamer une préparation très tôt avant la nouvelle saison domestique prévue au plus tard en novembre, selon les projections de la Linafp et les clubs.

Le Ministre des sports, n’en déplaisent à certains, a encore le bénéfice du doute d’avoir voulu démarrer une saison interrompue malheureusement par la crise sanitaire.Il aura réussi le pari d’elaguer la dette des agents des agences supports, une bonne partie de celle des entraîneurs expatriés, celle des nouveaux sélectionneurs est quasiment finalisée.Sans oublier la reprise en main de l’entretien des différentes infrastructures sportives à l’abandon après la dissolution précipitée de l’ANAGEISC. Ce sont les faits qui parlent en sa faveur.Surtout que la montée de la crise sanitaire ne fait pas du sport objectivement une véritable priorité de la politique gouvernementale.

Franck Nguema est donc très attendu sur ce dossier championnat pour faire table rase du passé et mettre en place les mécanismes de financement pérennes qui permettraient aux clubs et à la Linafp d’avoir des sommes raisonnables mais decaissées à temps. C’est le seul moyen pour mieux maîtriser le calendrier par la Linafp. La décision de la fegafoot qui est très consensuelle avec les clubs doit donner désormais plus de force et mener une action collective pour trouver des vraies solutions aux maux dont souffre le football gabonais. Si on s’en tient à la vision des clubs, le championnat ne doit plus être la seule affaire de la Linafp qui est certes l’organe technique. La fegafoot doit s’en approprier et défendre ce dossier auprès de la tutelle.

Ranger les querelles des clochers, la Linafp étant redescendue de son piédestal financier imposé par les apprentis sorciers, initiateurs de la professionnalisation, doit désormais jouer collectif. Ne pas oublier que le football nourrit plusieurs familles en difficulté aujourd’hui du fait d’une structuration approximative de certains clubs dont l’existence se réduit aux velléités politiques de leurs fondateurs. Le rêve brisé du projet de professionnalisation
qui a fabriqué des « montres »dans le milieu, a fini par avoir raison de certains passionnés qui ont tourné le dos aux stades.

Malheureusement, dans cette confusion, les résultats de nos équipes en campagne africaines ne sont pas analysés avec lucidité et rigueur. Le CF Mounana avait pourtant détrôné Mangasport au niveau de la constance avant de tomber dans la légèreté d’un championnat aux formules bricolées à cause des appétits plus pécuniaires que sportifs des dirigeants.

Une conscientisation collective s’impose pour la mise en place d’un socle prometteur qui passera d’abord par la maîtrise du calendrier pour susciter l’intérêt des partenaires économiques.

          Par Pablo Moussodji Ngoma Journaliste Sportif 

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