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Football/Côte d’Ivoire-Augustin Sidy Diallo : c’est terminé !

Le samedi 21 novembre, la Côte d’Ivoire tombait sous le choc de l’annonce du décès d’Augustin Sidy Diallo. Le vendredi 27 novembre 2020, le président de la Fédération Ivoirienne de Football a été mis en terre, pour le repos éternel. Un moment de déchirement pour sa famille biologique, le temps du retournement du monde sportif national. Les dirigeants de foot en première ligne.

Critiques acerbes, accusations perpétuelles… des traits de caractère du paysage du foot national devenu quasi communs, depuis 2011. La cible préférée, Augustin Sidy Diallo. Un président d’un tout autre type, tranchant avec tous les codes établis par ses prédécesseurs. Si eux pratiquaient la langue de la diplomatie en baignant dans le politiquement correct, Sidy lui était cash, direct, prenant le risque de blesser en disant sa vérité. Un homme entier avec un caractère bien trempé. Mais le travailleur acharné avait abandonné le champ de la communication. Le culte de l’image. Le temps pour ses adversaires d’implanter une carte mémoire incomplète, dans le subconscient de l’opinion nationale. Car Sidy le mal-aimé se revèle en stats comme le président le plus titré de la FIF. Celui qui aura réussi à offrir plus de trésorerie aux présidents de clubs, et plus d’exposition au spectacle produit par le foot national.

Les témoignages réels ou circonstanciels depuis l’annonce du décès du Président Sidy font foi.  D’ailleurs, l’opinion a dû s’en rendre compte. En deux mandats, le président Augustin Sidy Diallo a toujours obtenu le quitus de la majorité des membres actifs. Et surtout réussi à se sortir de la boue avec laquelle une rébellion nommée GX a tenté de le peindre. Que ce soit à la CAF ou devant la FIFA, Sidy est de tout temps sorti blanchi.

Malgré tout, fallait-il trouver un être à détester pour les imperfections multiséculaires du football national. Salaires impayés, formation bâclée, absence de statut pour les entraîneurs et anciens footballeurs, désuétude des infrastructures… et Sidy le discret était le coupable parfait. Ses tentatives de rapprochement et sa main tendue n’y ont rien fait. Surtout que ses coups de sang à l’image de celui du 11 novembre 2017 ont servi à alimenter la fausse identité distillée. Ses discours de paix, ses appels à l’apaisement étaient inaudibles. Il fallait qu’il parte définitivement d’une FIF qui n’était pas taillée pour lui, selon ses détracteurs. D’un football qu’il a de tout temps financé sous le pseudo de « sponsor éternel », dixit Gadji Céli, capitaine des Eléphants Champions d’Afrique 1992.

Souhait exhaussé d’abord par le concerné, le 29 février 2020 lorsqu’il annonçât sa décision de ne pas briguer un troisième mandat, à Bassam. Puis par le Tout-Puissant le 21 novembre 2020. Car Sidy a définitivement quitté la vie, avec l’espoir que ce départ inopiné ouvrira les yeux de tous sur les réels défis du football ivoirien, qui est au point mort à cause d’une guerre intestine alimentée par l’incompréhensible posture d’une omnipotente et si puissante FIFA, pourtant incapable de dire le droit. Dans tous les cas, se remettre au travail à l’unisson, reste la dernière issue. Puisqu’il n’y a plus personne à détester. Car pour Sidy, c’est fini.

Par notre correspondant Patrick GUITEY

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